top of page

Blog

L'huile de palme, notre ennemi juré ?

  • Photo du rédacteur: Elodie
    Elodie
  • 30 mars 2018
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 24 avr. 2018

Ou comment la course à l'argent détruit le monde.



Vous trouverez à la fin de l'article la vidéo du Grand JD qui m'a inspirée pour vous écrire sur l'huile de palme. Elle vous permettra de poser des images et d'autres mots sur ce sujet assez délicat.


Les problématiques de l'huile de palme sont connues depuis des années. Elle serait mauvaise pour la santé, elle serait mauvaise pour l'environnement, elle serait mauvaise pour les populations locales... mais elle rapporte gros. Elle rapporte des millions et des millions de dollars aux compagnies qui l'exploite, ces dernières se trouvant à des kilomètres (littéralement et figurativement) de la faune, de la flore et des peuples impactés par ce commerce.

Il faut cependant nuancer les critiques sur l'huile de palme, car est-elle réellement le monstre qu'on décrit ?

Elle est aujourd'hui présente partout, et l'on en consomme tous les jours. Elle est dans le carburant, l'alimentation, les produits cosmétiques... Petit tour d'horizon sur ce produit décrié.


Mauvaise pour la santé ?


Un peu d'histoire : jusqu'aux années 80, on utilisait des huiles partiellement hydrogénées riches en acides gras trans dans les produits alimentaires industriels (et dans certaines autres industries). Or, ces acides gras trans n'augmentent QUE le mauvais cholestérol (LDL) et augmentent les risques de maladies cardio-vasculaires et d'obésité morbide. Les acides gras trans ont finalement dû être indiqués sur les étiquetages, au risque de faire de la mauvaise com aux entreprises (qui achèterait un produit qui tue notoirement des gens ? *clin d'œil*).


C'est là que l'huile de palme a fait sa grande entrée sur la scène : peu chère, au rendement élevé, riche en acides gras non trans (pas besoin de préciser leur présence sur les étiquettes), assez stable pour être utilisée dans toutes les situations. Le candidat idéal pour préserver la rentabilité, une bonne communication et sortir du danger sanitaire que représentent les acides gras trans en faisant bonne figure.


L'huile de palme a donc commencé à envahir tous les plats préparés, biscuits, pâtes à tartiner, préparations diverses, cosmétiques, carburants...

Son avantage, dans l'alimentation, c'est qu'elle est riche en acides gras, mais c'est aussi son défaut, car leur consommation excessive entraîne bien entendu des risques pour la santé, comme les maladies cardio-vasculaires et l'obésité morbide.

Cependant, en ce qui concerne les cholestérols (le bon "HDL", et le mauvais "LDL"), les études[1] qui ont été faites ont démontré qu'elle se "révèle meilleure que les matières grasses végétales partiellement hydrogénées, le beurre ou le lard"[2]. Sur le cholestérol HDL, elle a le même effet que les huiles d'olive et de tournesol, mais elle a un moins bon résultat sur le cholestérol LDL.


En effet, elle est plus néfaste pour la santé que d'autres huiles végétales, si elle est consommée en grandes quantités, dans un régime riche en lipides, mais il a été démontré que dans le cadre d'une alimentation équilibrée, si l'huile de palme est consommée raisonnablement, elle ne se révèle pas plus mauvaise pour la santé.

Mauvaise pour l'environnement ?


La variété de palmier produisant les fruits qui donnent l'huile n'est bien entendu pas néfaste en elle-même pour l'environnement. Elle fait d'ailleurs partie de la biodiversité et existe naturellement. Ce qui pose problème, c'est que le besoin de rendement des industries commercialisant l'huile de palme a poussé des entrepreneurs à raser des zones entières et à y détruire toute biodiversité afin de faire pousser plus de palmiers à huile et donc d'empocher plus d'argent.

(Le Grand JD a pu se rendre en Malaisie pour constater l'ampleur du dégât à cet endroit en particulier. Je vous invite à regarder la vidéo en fin d'article, elle est très claire et les images parlent d'elles-mêmes.)


Plus de 20 millions d'hectares dans le monde sont consacrés à la culture de l'huile de palme. Et ce chiffre ne cesse d'augmenter ! Imaginez des zones entières où la nature était reine, qui sont maintenant des plantations de palmiers à huile à perte de vue. Adieu la biodiversité et la faune locale.


On parle beaucoup des orangs-outans, dont l'habitat naturel est décimé et qui sont donc voués à disparaître avec leur environnement, mais sont également concernées d'autres espèces rares, comme l'éléphant pygmée de Bornéo ou le tigre de Sumatra. Toutes ces espèces, qui sont composées de personnes sensibles, sont décimées pour le seul profit de ces entreprises qui commercialisent l'huile de palme.

Pour ces entreprises, la vie n'a donc aucune valeur. Ou plutôt, l'argent a plus de valeur que la vie. C'est aussi simple que ça.


J'ai parlé des animaux, mais quid des végétaux ? Ces zones regroupaient une flore diverse ; ces multiples espèces permettaient aux locaux de se soigner, de se nourrir, d'engendrer des revenus...

Quand les entreprises choisissent une zone pour installer des palmiers à huile, elles l'arrosent en premier lieu de produits chimiques pour tuer toute la flore qui préexistait. Vous pouvez imaginer les conséquences sur les sols.


L'existence même du palmier à huile n'a donc aucune conséquence sur l'environnement, c'est son exploitation intensive qui ravage notre planète.

Pour rappel, notre planète appartient autant à nous qu'à ceux qui gagnent des millions en la ravageant.


Mauvaise pour les populations locales ?


Si ces entreprises ne respectent pas la faune et la flore, notre planète et la vie, vous imaginez bien que les populations locales, qui n'ont pas des millions en poche, ne valent rien pour elles. En effet, quand on réfléchit en termes de profit, on se moque bien du guide local ou du soigneur qui ne pèsent rien dans la balance monétaire.


Ces populations se trouvent broyées dans le moulin de l'industrie et du profit. Elles sont expulsées de leurs terres, qui leur sont parfois rachetées pour une bouche de pain, parfois même pas, selon le gouvernement en place.

Dans tous les cas, elles se trouvent dépossédées de leur espace, de leur culture et de la nature qui les faisait vivre et qu'elles respectaient.


Certains locaux trouvent du travail sur les plantations, mais l'objectif de rentabilité ne va pas avec "commerce équitable". Si l'huile de palme est si bon marché et si rentable, c'est également parce qu'elle est produite dans des pays où les populations locales peuvent être exploitées.


Et le pire dans tout ça, c'est que peu de gens entendent les revendications de ces personnes dans nos pays occidentaux, car on n'écoute pas ces populations à moins qu'un événement survienne qui touche également des occidentaux.

Heureusement, il existe des associations, des journalistes et des citoyens du monde éclairés qui dénoncent tout cela.


Conclusion


L'huile de palme elle-même n'est pas le problème. Le problème vient des industries qui, pour augmenter leurs profits, exploitent intensivement certaines ressources et détruisent ce qu'il y a autour.

Or, notre planète est autant la nôtre que la leur. Nous pouvons choisir de sanctionner ces pratiques en boycottant les produits qui ne correspondent pas à une certaine éthique, en demandant plus de clarté sur ce que nous consommons aux autorités compétentes et en acceptant d'ouvrir les yeux.


Personne n'est parfait, et il est normal de ne pas savoir les choses tant qu'elles ne nous ont pas été expliquées. En revanche, quand on sait, il devient normal de se renseigner un peu plus et d'essayer d'améliorer la situation pour nous et pour tous les autres.





Commentaires


bottom of page